« La Syrie ne sera plus jamais comme avant. »

Mohamed Zamel en exil :
« La Syrie ne sera plus jamais comme avant. »


SON TÉMOIGNAGE

Mohamed Zamel est originaire de Syrie. En septembre 2012, alors qu’un groupe armé pénètre dans son village, il décide de quitter la province de Dara’a, au sud-ouest de la Syrie. Blessé, lors de cette attaque, il réussit néanmoins à passer à pied la frontière pour rejoindre la Jordanie. Dans un premier temps, il est emmené dans le camp de réfugiés de Za’atari. Il sera ensuite pris en charge dans un hôpital proche d’Amman, la capitale du pays. Il est désormais installé avec sa famille à Irbid, au nord de la Jordanie.

La frontière syrienne n’est qu’à quelques kilomètres du lieu où il a trouvé refuge avec sa famille. « La Syrie ne sera plus jamais comme avant. Nous n’avons plus d’espoir ». En Syrie, Mohamed possédait trois ateliers de mécanique qui lui permettaient de vivre convenablement avec sa femme et ses quatre enfants. En Jordanie, il n’a pas le droit de travailler. Sa famille survit grâce à l’aide des organisations humanitaires. Une fois le loyer payé, il ne leur reste plus grand-chose. « On ne peut rien faire ici, on ne peut pas travailler. On meurt ici, on meurt là-bas. Alors, pourquoi ne pas rentrer chez nous ? Si nous devons mourir, au moins que ce soit chez nous ».

La sœur de Mohamed a récemment regagné la Syrie avec sa famille. « Tout est détruit ; la maison qu’ils occupent n’a pas d’eau, pas d’électricité, pas même de toit. Mais au moins ils n’ont rien à payer ». Quatre années après avoir quitté son pays tourmenté par la guerre, Mohamed pense aujourd’hui y retourner, sans pour autant avoir de visibilité sur la situation dans laquelle sa famille devra y vivre.

© Florian Seriex
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En Syrie : le contexte de son départ

Cinq années de guerre en Syrie ont fait plus de 250 000 morts, 4,8 millions de réfugiés dans les pays voisins, 6,5 millions de déplacés internes et 11 millions de personnes nécessitant une aide humanitaire d’urgence. La situation en Syrie ne cesse d’empirer. Economie, éducation, santé, sécurité alimentaire, habitat, eau, assainissement : tous les pans de la société subissent une terrible crise qui dure depuis plus de cinq ans. Au Liban, comme en Jordanie, nos équipes sur le terrain témoignent de la vulnérabilité grandissante des réfugiés après cinq ans passés loin de chez eux. Leurs possibilités d’emprunts se sont épuisées et il est de plus en plus difficile pour eux d’obtenir un permis de résidence. L’accès aux opportunités de travail est également compromis, aboutissant à l’apparition de mécanismes extrêmes de survie comme le travail des enfants. Certains réfugiés, épuisés et désespérés, vont même jusqu’à repartir en Syrie, au péril de leur vie.

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© Florian Seriex

Notre action EN JORDANIE

La Jordanie accueille plus de 640 000 réfugiés syriens [1] soit près de 10% de la population du pays. 85% d’entre eux vivent dans des communautés jordaniennes principalement dans les gouvernorats d’Amman, Ajloun, Mafraq et Irbid.
 Action contre la Faim travaille en Jordanie depuis 2013, principalement au sein des communautés hôtes où la vie est extrêmement chère pour les réfugiés ainsi que dans le camp d’Azraq, un camp dont la population ne cesse de grandir. L’arrivée massive de centaines de milliers de personnes a déstabilisé l’économie locale et les services sociaux, mettant également en grande difficulté les familles jordaniennes déjà vulnérables. Dans le gouvernorat d’Irbid, nos équipes ont adapté leur réponse aux besoins des réfugiés et des familles jordaniennes vulnérables en mettant en place des programmes en eau, assainissement et hygiène, en réhabilitant des infrastructures sanitaires dans les logements, en proposant une assistance financière et un soutien psychosocial. Dans le camp d’Azraq, Action contre la Faim prend aussi en charge les activités en eau, assainissement et hygiène notamment à travers des activités de mobilisation communautaire et des opérations de maintenance des diverses installations. Depuis le mois d’avril 2016, Action contre la Faim vient également en aide aux populations syriennes qui se sont massées dans le no-man’s land de la frontière syrio-jordanienne en espérant une entrée sur le territoire jordanien.


Lieux d’interventions :
– Gouvernorat d’Irbid
– Camp d’Azraq
– Frontière syrio-jordanienne


Types d’interventions :
– Nutrition, santé et pratiques de soins
– Eau, assainissement, hygiène
– Sécurité alimentaire et moyens d’existence

 

[1] 638 633 personnes enregistrées par le UNHCR à la date du 4 avril 2016 mais le recensement effectué par les autorités jordaniennes en novembre 2015 a dénombré 1,26 million de citoyens syriens dans le pays.

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