« Je suis arrivé en Jordanie plus de six mois après avoir quitté mon village. »

AHMED, en exil :
« Je suis arrivé en jordanie plus de six mois après avoir quitté mon village. »


SON TÉMOIGNAGE

 

Des dizaines de milliers de personnes se regroupent à la frontière syro-jordanienne depuis juillet 2014. Elles fuient la guerre, les frappes aériennes, les combats et n’ont qu’une seule idée en tête : vivre en paix.  Ahmed a passé six mois sur place jusqu’à son récent transfert en Jordanie vers le camp de réfugiés d’Azraq où il est désormais volontaire pour Action contre la Faim.

« Je suis arrivé en Jordanie le 26 avril 2016, plus de six mois après avoir quitté mon village, Mahin, qui se trouve entre Homs et Palmyre. Il m’a d’abord fallu quatre jours pour atteindre le poste frontière de Rukban mais je n’ai pas pu passer de l’autre côté et je suis resté là pendant six mois ». Ahmed a quitté la Syrie longtemps après le début du conflit : « Il n’y avait pas de problème chez moi. Tout était calme jusqu’à ce que Daesh s’empare d’Al Qaryatayn en août 2015. C’était le 5 août et trois jours plus tard ils ont pris mon village ». Dès lors, les combats se multiplient sur place, il n’y a d’autre solution que la fuite.

Si Ahmed a quitté la guerre, Rukban ne lui a pas apporté la paix pour autant. « Le problème là-bas c’était le manque d’organisation, il y avait des bagarres, des attaques et surtout il n’y avait pas assez d’eau et de nourriture pour tout le monde ».

Le jeune homme est finalement autorisé à entrer sur le territoire jordanien. Il est immédiatement transféré dans le camp d’Azraq où Action contre la Faim est en charge des installations sanitaires pour les personnes qui arrivent du Berm*. Peu de temps après, Ahmed a postulé pour devenir volontaire auprès de l’organisation.

Cela fait deux semaines qu’il travaille avec ACF dans le camp. Ahmed passe d’un bloc de latrine à un autre, marteau en main, il vérifie que les portes ferment bien et que les installations sanitaires sont en bon état.

Le gouvernement jordanien a récemment ouvert certains secteurs d’activités aux réfugiés syriens mais dans les camps, les opportunités de travail restent très limitées. A Azraq, un système de travail volontaire en échange d’une rémunération a été mis en place et constitue une source de revenus pour quelques réfugiés.  Afin de permettre au plus grand nombre d’avoir une activité rémunérée, des rotations de travailleurs sont organisées tous les trimestres. Chaque mois Action contre la Faim permet à des dizaines de réfugiés de bénéficier d’une source de revenus en participant au maintien des infrastructures sanitaires  du camp d’Azraq.

 

 

*Berm est le nom donné aux deux camps informels de Rukban et Hadalat où se trouvent des milliers de demandeurs d’asile syriens.


En Syrie : le contexte de son départ

Cinq années de guerre en Syrie ont fait plus de 250 000 morts, 4,8 millions de réfugiés dans les pays voisins, 6,5 millions de déplacés internes et 11 millions de personnes nécessitant une aide humanitaire d’urgence. La situation en Syrie ne cesse d’empirer. Economie, éducation, santé, sécurité alimentaire, habitat, eau, assainissement : tous les pans de la société subissent une terrible crise qui dure depuis plus de cinq ans. Au Liban, nos équipes sur le terrain témoignent de la vulnérabilité grandissante des réfugiés après cinq ans passés loin de chez eux. Leurs moyens de survie se sont épuisés alors qu’il est de plus en plus difficile pour eux d’obtenir un permis de résidence. L’accès aux opportunités de travail est également compromis, aboutissant à l’apparition de mécanismes extrêmes de survie comme le travail des enfants. Certains réfugiés, épuisés et désespérés, vont même jusqu’à repartir en Syrie, au péril de leur vie.

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© Florian Seriex

Notre action EN JORDANIE

La Jordanie accueille plus de 640 000 réfugiés syriens [1] soit près de 10% de la population du pays. 85% d’entre eux vivent dans des communautés jordaniennes principalement dans les gouvernorats d’Amman, Ajloun, Mafraq et Irbid.
 Action contre la Faim travaille en Jordanie depuis 2013, principalement au sein des communautés hôtes où la vie est extrêmement chère pour les réfugiés ainsi que dans le camp d’Azraq, un camp dont la population ne cesse de grandir. L’arrivée massive de centaines de milliers de personnes a déstabilisé l’économie locale et les services sociaux, mettant également en grande difficulté les familles jordaniennes déjà vulnérables. Dans le gouvernorat d’Irbid, nos équipes ont adapté leur réponse aux besoins des réfugiés et des familles jordaniennes vulnérables en mettant en place des programmes en eau, assainissement et hygiène, en réhabilitant des infrastructures sanitaires dans les logements, en proposant une assistance financière et un soutien psychosocial. Dans le camp d’Azraq, Action contre la Faim prend aussi en charge les activités en eau, assainissement et hygiène notamment à travers des activités de mobilisation communautaire et des opérations de maintenance des diverses installations. Depuis le mois d’avril 2016, Action contre la Faim vient également en aide aux populations syriennes qui se sont massées dans le no-man’s land de la frontière syrio-jordanienne en espérant une entrée sur le territoire jordanien.


Lieux d’interventions :
– Gouvernorat d’Irbid
– Camp d’Azraq
– Frontière syrio-jordanienne


Types d’interventions :
– Nutrition, santé et pratiques de soins
– Eau, assainissement, hygiène
– Sécurité alimentaire et moyens d’existence

 

[1] 638 633 personnes enregistrées par le UNHCR à la date du 4 avril 2016 mais le recensement effectué par les autorités jordaniennes en novembre 2015 a dénombré 1,26 million de citoyens syriens dans le pays.

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© Florian Seriex

#NotAChoice

Photographie © ACF

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