« Toute notre vie était là-bas »

Mohammad Husain, en exil :
« Toute notre vie était là-bas. »


Son TÉMOIGNAGE

Il y a plusieurs mois, Mohammad Husain et Pari Gul ont fui leur village natal, Chahar Sada, à cause du manque de sécurité ressenti. Avec leurs 7 enfants, ils ont décidé de tout quitter, sans savoir ce qu’ils allaient trouver au bout de leur chemin. « Nous avons fait la moitié de notre trajet à pied et l’autre moitié en voiture. Quand nous sommes arrivés ici, nous ne savions pas où nous allions dormir » explique le père de famille. Mohammad et Pari trouvent une maison où leur famille peut dormir pendant quelques nuits. Ils apprendront ensuite que certains de leurs proches se trouvent dans la même région et qu’ils peuvent les héberger. « Quand la voiture nous a déposés, nous ne savions pas où aller et nos proches habitaient assez loin. Nous sommes donc restés dans une maison avant de pouvoir les rejoindre ». Leur nouveau domicile est sommaire : quelques matelas et quelques couvertures.
Mohammad Husain regrette son village : « là-bas, notre vie n’était pas vraiment meilleure, mais elle était un peu moins dure parce que nous sommes nés là-bas et que toute notre vie était là-bas ». La famille de Mohammad survivait grâce aux terres qu’il possédait. Ils possédaient un tracteur, des vaches et cultivaient des pommes de terres, des melons et des pastèques. Grâce à leurs terres, leurs cultures, ils pouvaient se nourrir. Mais, depuis qu’ils ont immigrés, la famille de Mohammad a perdu ses terres. Ils doivent maintenant acheter leur nourriture, mais l’argent n’est pas abondant : « nous avions un peu d’argent mais ce n’est pas suffisant. Nous avons des dépenses mensuelles comme le loyer, etc. Tout notre argent est parti. ». Aujourd’hui, le travail semble être le seul espoir de Mohammad, « je cherche un travail pour survivre et faire vivre ma famille. Si j’en trouve un, notre vie sera meilleure ». Pour l’avenir, Mohammad souhaite la paix et de l’argent pour habiter en famille dans sa propre maison.


En Afghanistan : le contexte de son départ

En Afghanistan, en 2014, la lutte pour le pouvoir entre les acteurs étatiques et non-étatiques armés s’est intensifiée. Tensions et rivalités sociales, politiques et économiques complexes ont alors éclaté au grand jour. Au cours de cette année de transfert du pouvoir politique et militaire, la légitimité des autorités est restée contestée. Le conflit, en partie alimenté par la volonté de contrôler les ressources économiques, a continué sans relâche. 2014 a été l’année la plus dangereuse pour les civils afghans et les travailleurs humanitaires, avec 10 548 victimes civiles. Le plus grand nombre de morts civils jamais enregistré en une seule année depuis 2009. Fin 2014, 105 800 personnes étaient toujours déplacées par le conflit, soit une augmentation de 17%par rapport à l’année précédente. De vastes déplacements de population se sont produits dans les zones rurales de l’ouest et du centre de l’Afghanistan. En 2015, on estime que 7.4 millions d’Afghans avaient un besoin d’aide humanitaire de toute urgence pourtant seuls 3.8 millions de personnes, parmi les plus vulnérables, ont pu être soutenus par la communauté internationale.

Mohammad Husain, Pari Gul et quatre de leurs enfants / © Sandra Calligaro – Afghanistan

Notre action en Afghanistan

Action contre la Faim a mis en place sa première mission en 1979 au Pakistan pour venir en aide aux réfugiés afghans traversant la frontière. Après une période d’absence, l’association est revenue en 1995 pour y développer des programmes à Kaboul, puis dans le Pansheer et le centre du pays. Entre 2002 et 2003, l’Afghanistan est la plus importante mission d’Action contre la Faim. En 2015, la mission est présente dans 4 régions, à Kaboul auprès des familles déplacées vivant dans des bidonvilles loin des services de base, à Ghor, Mazar et Helmand auprès des victimes des aléas climatiques à répétition (sécheresses, inondations et glissements de terrain…) et des populations qui n’ont pas accès aux services de soins primaires. Nos équipes soutiennent les acteurs locaux et forment les personnels des centres de santé. En plus des programmes de nutrition, de santé, et de renforcement des pratiques de soins, elles développent également des activités liées à l’eau et l’assainissement afin d’en améliorer l’accès et proposent des programmes de sécurité alimentaire et générateurs de revenus.


Lieux d’interventions :
– Kaboul
– Samangan
– Ghor
– Balkh
– Helmand


Types d’interventions :
– Nutrition, santé et pratiques de soin
– Sécurité alimentaire et moyens d’existence
– Eau, assainissement, hygiène
– Gestion des risques aux désastres et du changement climatique

#NotAChoice

 

Photographie © Sandra Calligaro – Afghanistan